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Parce que les politiques ne sont pas à la hauteur, j'ai créé une entreprise pour aider les lanceurs d'alerte.
Chacun d’entre nous, lanceurs d'alerte, a subi les conséquences dramatiques des très importants conflits d’intérêts auxquels se livrent nos dirigeants.

La lanceuse d'alerte Stéphanie Gibaud, ex-employée de la banque UBS, répond aux journalistes avant la tenue de son procès le 2 février 2017 à Paris. UBS l'accuse de "diffamation" pour son livre, "La femme qui en savait vraiment trop", décrivant des pratiques d'évasion fiscale de la banque.
Jusqu'à présent, tous les lanceurs d'alerte se sont tournés vers la justice et les administrations de l'Etat avec l'espoir qu'existerait une véritable volonté politique de les écouter, de les soutenir, de changer la législation et les procédures.
Nous avons constaté, de l'intérieur, que nous ne sommes pas égaux devant la loi. Les pressions financières et économiques ont raison de l'indépendance que la justice se devrait d'avoir. Les politiciens font les annonces qui leur conviennent or nous –lanceurs d'alerte- n'avons plus aucune attente ni aucune naïveté concernant les prises de décision du pouvoir politique.
Chacun d'entre nous a subi les conséquences dramatiques des très importants conflits d'intérêts auxquels se livrent nos dirigeants. Les effets d'annonces de la loi Sapin II, de la Présidentielle et des élections législatives n'en sont que de récents exemples. Il nous est alors clairement apparu que la seule façon d'aider les futurs lanceurs d'alerte en leur apportant un soutien indépendant, apolitique et donc sans conflit d'intérêt viendrait de lanceurs d'alerte eux-mêmes; c'est-à-dire que la solution sera apportée par des femmes et des hommes qui ont appris de leur douloureux parcours, où ils ont souvent fait leurs propres erreurs. Les lanceurs d'alerte, garants de l'exemplarité et de l'éthique, prennent dorénavant leur destin en main. Ce sont les seules personnes légitimes à pouvoir apporter un accompagnement sur les plans juridique, financier, médiatique, psychologique aux lanceurs d'alerte déclarés à ce jour ainsi qu'à ceux de demain. Peu de citoyens osent encore parler car ils redoutent les conséquences. La meilleure façon de répondre à leur peur légitime est de leur permettre de continuer leur carrière et leur vie personnelle sans perte financière.
Dans le pays des droits de l'homme, chacun des lanceurs d'alerte français croyait en l'état providence et en l'exemplarité de notre nation. Dans le lancement de l'alerte, nous étions en attente de l'intérêt de nos élus. Si la France souhaite rayonner de nouveau dans le monde, si notre pays veut se montrer exemplaire notamment en matière de liberté d'expression, fondement de notre constitution, alors elle pourra mettre en avant les initiatives en faveur des lanceurs d'alerte. Ces actions y trouveront une crédibilité puisque indépendantes de l'Etat.
Notre solution unique, dans le cadre d'une activité économique réelle, retiendra uniquement les affaires sérieuses; elle appuiera la défense et l'intérêt des citoyens qui le méritent, elle détectera et éludera les dossiers et les personnes qui ne sont ni honnêtes, ni sincères. Nos actions de conseil seront crédibilisées par l'apport de moyens indépendants, apolitiques et sans conflit d'intérêt: Themis, véritable société rassemblant un certain nombre d'experts dont l'éthique et l'indépendance ne peut être remise en cause, agira concrètement pour permettre aux lanceurs d'alerte d'aller jusqu'au bout de leurs procédures, sans peur ni crainte.

Huffingtonpost.fr

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La presse

La traque des lanceurs d’alerte

Elle a 38 ans quand un banal rendez-vous chez la gynéco la propulse dans un monde jusque-là inconnu, celui du cancer du sein. Ancienne attachée de presse dans la mode, Marjorie Jacquet raconte sans pathos dans un très bel ouvrage* la perte de la féminité, de la libido et comment ce qui faisait jusque-là son quotidien - bosser à fond, enchaîner les rencontres, sortir - peut se fracasser en moins d’une journée. Elle dit la vie, aussi, et son message est si contemporain qu’il va parler à toutes. Interview.
* « Les cheveux dont je rêvais », éd. Max Milo

Marjorie Jacquet : « quand on a vécu une chimio, on est vraiment prête à prendre des risques dans la vie »

ELLE.fr. Tout d’abord, comment allez-vous ?
Marjorie Jacquet. Plus les mois passent et plus j’avance vers l’espoir d’une guérison définitive, donc je vais de mieux en mieux. La première année après le cancer est très difficile. On vit toujours dans la peur de la rechute. Je me disais aussi : "Si je ne vais plus à l’hôpital, est-ce que je ne vais pas mourir ?" Il faut comprendre que pendant le traitement, on est vraiment dans la lutte, le combat, et tout d’un coup on nous dit "voilà, merci, c’est fini, vous pouvez reprendre le cours de votre vie", et cela fait comme un grand vide quand on doit retourner au travail. Nous-même, on est complètement métamorphosée et puis les choses aussi se sont organisées sans vous au bureau. Il faut reprendre sa place et ce n’est pas évident.

ELLE.fr. Le retour au travail, on en parle trop peu souvent. Pour beaucoup de femmes qui ont eu un cancer, l’entourage professionnel perd parfois de sa bienveillance ?
Marjorie Jacquet. Pour moi, ça ne s’est pas très bien passé. Pendant trois mois, j’ai ressenti de la bienveillance mais on attend ensuite de vous que vous repreniez le rythme d’avant. Ma boss m’a ainsi reprochée de me plaindre d’être fatiguée. On est quand même très fatiguée après un an de traitement, même en reprenant à mi-temps thérapeutique, c’est difficile. Et puis, au bout de quelques mois, on va en rendez-vous à la Sécu qui nous annonce que maintenant, il faut reprendre à temps complet, que vous soyez prête ou pas prête ! C’est vrai aussi que personnellement, je ne me sentais plus à ma place, j’avais d’autres envies, d’autres attentes. Le cancer c’est horrible, certes, mais j’ai aussi découvert la liberté. J’étais employée depuis 16 ans et quand il a fallu retourner au bureau avec des horaires, des comptes à rendre, je me sentais en prison. Je n’avais plus envie d’être salariée mais de monter ma boîte. On se sent hyper puissante, quand on a vécu une chimio, on est vraiment prête à prendre des risques dans la vie.

« J’ai vraiment fait exploser ma zone de confort. »

ELLE.fr. Dans votre livre, vous vous agacez de tous ceux qui, lorsqu’ils apprennent que vous avez un cancer, vous parlent de cette injonction à « changer de vie ». Et finalement, c’est ce que vous avez fait…
Marjorie Jacquet. C’est vrai que ça m’agaçait : tout le monde me disait : « Mais après, tu verras, ce sera bien, tu vas enfin changer de vie, ça fait 16 ans que t’es dans la même boîte, etc." Mais à cette époque-là, je ne voulais pas changer de vie ! Aujourd’hui, j’ai encore quelques missions de relations presse en lifestyle, mais en free-lance. Je travaille à mon rythme, si j’ai envie de bosser la nuit, je bosse la nuit… Je n’avais plus envie qu’on décide pour moi, d’avoir une boss, je me sentais complètement étouffée. Peut-être que j’avais en moi cette envie mais le cancer a été un élément déclencheur, un révélateur. Finalement, les gens ont raison : on ne peut pas reprendre sa vie comme on l’a laissée. Aujourd’hui, je vis entre Paris et le Maroc. Je vais chiner des tapis berbères dans des endroits complètement improbables, et par exemple je vais les exposer lors d’un pop-up début octobre dans le Marais. J’aime bien l’idée d’avoir une vie un peu bohème, je n’ai plus aucun attachement à mon appartement, j’ai vraiment fait exploser ma zone de confort, j’ai redéfini un cadre de vie complètement différent, je n’ai plus peur de la précarité, je me dis que je vais toujours m’en sortir. Peut-être que c’est un peu de la folie mais c’est comme ça. J’ai 1 000 idées, 1 000 projets. J’adorerais avoir un ryad en gérance donc je cherche. J’ai beaucoup aimé écrire aussi, pourquoi pas un roman ?

ELLE.fr. On a l’impression de vous voir « grandir » au fil des pages ? Vous avez écrit ce récit au fur et à mesure du traitement ?
Marjorie Jacquet. Quand je suis tombée malade, j’avais une grande angoisse : comment je vais exploiter tout ce temps libre ? Je savais que j’allais rester un an alitée et j’étais très angoissée à l’idée de ne rien faire. Donc au début, j’ai lu, j’ai regardé des séries. Et puis, une amie m’a offert un livre de développement personnel qui s’appelle « Le pouvoir de l’intention ». L’idée ? Si on a un objectif et qu’on se dit qu’on va y arriver, on y arrive ! Je voulais me sentir utile, je pensais à mes amis qui travaillaient et je me disais je vais leur préparer à dîner, leur faire des tupperware, j’avais des idées un peu folles comme ça de cuisine ! Et puis, j’ai eu une mucite qui a été très difficile durant ma chimio : c’est une inflammation, des ulcérations dans la bouche. C’est bizarre mais j’ai donc eu l’idée d’écrire quand je ne pouvais plus ni parler ni manger. J’étais à la moitié de ma chimio quand j’ai décidé que j’allais écrire un livre et de le sortir ! J’ai choisi le titre tout de suite, la couverture aussi - j’étais fan des dessins de Delphine Cauly qui avait fait toute l’imagerie des Brigitte. J’étais assez déterminée ! J’ai raconté ce qui s’était passé les précédents mois puis j’ai écrit au fur et à mesure. Et, oui, j’ai grandi dans le sens où j’ai perdu ce côté un peu insouciant, un peu léger que je pouvais avoir. C’est une nouvelle version de moi…

« Je vous attends demain à 17h dans mon bureau. »

ELLE.fr. Racontez-nous cette annonce chez la gynéco.
Marjorie Jacquet. Je ne m’y attendais pas du tout. J’étais allée chez la gynéco trois ou quatre mois avant pour un simple examen de contrôle. J’avais demandé à reprendre la pilule, elle m’avait dit : "oui mais vous avez 38 ans, on peut faire une mammo… ou pas." Sa réaction quand elle m’a fait la palpation des seins ? "Je sens peut-être quelque chose mais je ne suis pas sûre, on n'a qu’à faire une mammo". Mais elle ne m’a pas dit d’y aller tout de suite donc je m’en suis occupée quelques mois après. Mon oncologue m’a expliqué ensuite que j’avais une tumeur non palpable. Je pense que ma gynéco a eu une intuition... Elle m’a sauvée la vie ! Nous étions alors en mai, j’ai attendu très longtemps les résultats de cette biopsie à cause des jours fériés, je n’avais pas de nouvelles et un jour, j’ai reçu un SMS : "je vous attends demain à 17h dans mon bureau". J’étais terrorisée. J’ai très mal dormi et quand je me suis réveillée, il faisait beau. C’était un vendredi, le 13 juin 2014. La date, on ne l’oublie jamais… J’ai mis des talons, une jolie robe. C’était la première fois que je la portais d’ailleurs, je ne l’ai jamais remise mais elle est toujours au fond d’un placard (rires). Quand je suis rentrée dans son bureau, la gynécologue avait un air très solennel et m’a dit d’un bloc : "j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, vous avez un cancer du sein". J’ai eu l’impression que ma vie m’échappait complètement. J’ai senti aussi que plus rien ne serait comme avant, j’avais basculé. Après, j’ai le souvenir qu’elle me parle en chinois, un peu comme si j’avais fait médecine ! "Carcinome canalaire infiltrant machin…" : je ne comprends rien du tout, "grade 3", je ne savais pas du tout combien il y en avait - en fait, il y en a 4 - et elle m’annonce que je vais avoir de la chimiothérapie. Evidemment, je connaissais le mot, mais je me suis rendue compte que je n’avais aucune idée de ce que c’était : des piqures ? Des médicaments ? Tout ce que je savais, c’est que ça rendait chauve. Elle m’a a alors demandé si j’avais des questions. « Est-ce que je vais perdre mes cheveux ? » C’est la première chose que je lui ai demandé.

ELLE.fr. La perte de vos cheveux, le fil conducteur de votre livre… Racontez-nous comment vos amis se sont mobilisés pour vous offrir une perruque réalisée par John Nollet, le coiffeur des stars.
Marjorie Jacquet. Je pleurais tellement à l’idée de perdre mes cheveux… Mes amis le voyaient, je n’arrêtais pas d’en parler et c’est vraiment devenu une obsession. Je passais mes nuits à lire sur Internet des témoignages de femmes qui racontaient comment elles avaient perdu leurs cheveux. J’ai regardé où j’allais pouvoir trouver une perruque et je trouvais tout affreux : que des coupes de vieilles, des perruques en synthétique… Sur Instagram, en France, on ne parle pas trop de son cancer - voire on le cache - mais aux Etats-Unis on trouve plein de photos de femmes qui sont chauves. J’ai aussi vu un reportage à la télé où une femme avait réuni ses copines chez elle et elles arrivaient toutes avec le crâne rasé ! J’avais trouvé ça incroyable et j’en avais parlé à mon amie Anne-Cha. Je ne lui demandais pas du tout de faire ça (rires) mais ça m’avait interpellée. Elle a cherché comment m’aider avec son mec Matthieu : ils étaient très amis avec Aurélie des Brigitte et c’est comme ça que s’est venu. Les Brigitte portaient une perruque à l’époque et Mathieu a demandé à Aurélie qui leur avait fait : c’était John Nollet. J’ai eu de la chance d’avoir des amis dans un milieu assez privilégié… Ils m’ont pris rendez-vous avec John Nollet et quand il m’a reçue, il m’a posé cette question : "quels sont les cheveux dont vous avez toujours rêvé ? (Le titre du livre : "Les cheveux dont je rêvais", NLDR) ? C’était tellement bizarre : quand je suis allée au rendez-vous, j’avais encore mes cheveux... J’aimais bien la perruque qu’avaient les Brigitte, je voulais quelque chose de féminin, très sexy, donc il m’a fait une perruque un peu semblable mais avec une coupe un peu plus floue, plus longue, avec une frange. J’y allais une fois par mois pour nettoyer ma perruque, et c’est toujours John Nollet qui m’a reçue, même quand il était avec des clientes sans doute plus importantes que moi ! Il a toujours pris du temps pour moi, c’est vraiment quelqu’un de bienveillant. Et c’était assez drôle pour moi de passer de l’hôpital au parc Hyatt !

ELLE.fr. Quand vous portez cette perruque, vous écrivez que vous vous sentez êtes belle et invincible ?
Marjorie Jacquet. Il faut savoir qu’avec le traitement, on n’a plus de libido, plus de cheveux, plus de cils et de sourcils non plus donc aucune expression sur le visage. On se sent redevenir une fillette : on a plus de poils nulle part. On se sent hyper vulnérable en fait, mais c’est vrai que quand je mettais ma perruque, je me maquillais, je mettais des talons puis on allait dîner. J’ai fait des photos parfois que j’envoyais à mes copines, des avant/après, c’est hallucinant ! On vit quand même dans une société où les critères esthétiques sont très sévères, et particulièrement dans le milieu où je travaillais, dans la mode. Je ne vais pas dire que ça a été plus dur pour moi que pour une autre femme, mais toute la journée je voyais des filles minces comme des allumettes avec des cheveux jusqu’en bas des reins et je pense que j’ai eu beaucoup de mal à accepter cette dégradation physique.

« A ce moment-là, on se dit : qu’est-ce qui me reste de féminin ? »

ELLE.fr. Il y autre chose dans votre livre, dont on ne parle pas assez. La chimio provoque une ménopause chimique et se pose alors la question de la congélation des ovocytes. Tout d’un coup, vous devez sérieusement y réfléchir alors qu’à ce moment-là faire un enfant, vous n’y pensiez pas ?
Marjorie Jacquet. Pas du tout ! Lors du rendez-vous chez l’oncologue, on sent qu’ils n’ont pas de temps à perdre et tout d’un coup, elle me sort : « Evidemment, vous allez être ménopausée et stérile". Et là, je fais quoi ? J’apprends alors qu’il y a un grand spécialiste, le professeur Grynberg, qui ne soigne que les femmes en chimio, car en France c’est le seul cas où on peut faire congeler ses ovocytes. Je l’ai appelé en sortant et il m’a reçu dès le lendemain. C’est vrai que je n’avais pas spécialement envie d’avoir un enfant mais j’ai pensé que, peut-être, après le cancer, je changerais d’avis, donc j’ai préféré congeler mes ovocytes plutôt que de regretter. A ce moment-là, on se dit : qu’est-ce qui me reste de féminin ? J’ai un cancer du sein, un cathéter, plus de cheveux, plus de libido, plus de désir, j’ai plus mes règles, je peux plus avoir d’enfant…

ELLE.fr. Cette féminité, vous vouliez la choyer, ne pas la lâcher, la préserver ?
Marjorie Jacquet. J’ai essayé mais malheureusement, on la perd. Et j’ai mis du temps à la retrouver. Auparavant, j’étais toujours dans la séduction, je cherchais à plaire aux garçons. Aujourd’hui, je cherche encore à me mettre en valeur mais désormais, c’est pour moi. Quand j’étais malade, je portais ma perruque chez moi, même quand j’étais toute seule. Et quand mes cheveux ont repoussé, je n’aimais pas du tout cette coupe de garçon manqué, donc je préférais mettre ma perruque ! Je suis toujours aussi féminine qu’avant, voire plus, et même peut-être un peu féministe aussi. J’ai peu de respect pour les garçons par rapport à l’attitude qu’ils ont pu avoir quand j’étais malade… et puis quand j’étais à l’hôpital, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’hommes qui s’en allaient, qui quittaient leurs femmes, leurs compagnes… Donc les femmes avaient en plus de devoir gérer un cancer devaient gérer une rupture.

« Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toutes les femmes qui sont en chimio. »

ELLE.fr. Un message à passer aux lectrices ?
Marjorie Jacquet. Le message c’est que, malheureusement, le cancer du sein concerne toutes les femmes. 1 femme sur 8, c’est un chiffre énorme donc il faut avoir ça en tête évidemment, sans vivre dans la peur ou l’angoisse, mais il faut allez chez sa gynéco, faire des mammos, surtout ne pas prendre ça à la légère ! Pour les lectrices qui sont malades, et je pense qu’il y en aura, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toutes les femmes qui sont en chimio… Je me dis qu’avec toutes ces femmes qui doivent être comme moi, ça doit faire une énergie féminine hyper forte à envoyer à toutes celles qui sont en chimio. Et puis aussi, je leur conseille de se trouver un centre d’intérêt, de s’occuper l’esprit pour ne pas rester comme ça à attendre, sans rien faire. Je pense que si je n’avais pas écrit, je me serais étouffée avec ma colère.

ELLE.fr. Ce livre était aussi un exutoire ?
Marjorie Jacquet. Bien sûr ! Je me demandais "pourquoi moi je suis tombée malade ?", "qu’est-ce que j’ai fait de mal ?" Je ne voulais pas écrire un livre anxyogène car le cancer est déjà très anxyogène, je l’ai découvert quand je suis tombée malade : je l’entendais dans les voix, je l’ai vu dans les regards et ça m’angoissait parfois plus de voir la peur dans les yeux de mes proches que mon cancer en lui-même. Ce qui est très difficile quand on est malade c’est de voir que le monde continue à avancer, mais sans vous. J’avais l’impression d’être sur le banc de touche. Avant, je n’étais jamais toute seule, j’étais dehors tous les soirs et je n’aurais jamais eu le courage de quitter mes amis… Et quand je suis tombée malade, j’ai découvert le calme, la sérénité. Je me suis vraiment reconnectée avec moi-même.

Emilie Poyard - Elle.fr

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La presse

Les cheveux dont elle rêvait

Dans un récit sincère et drôle, 3ans et 9mois, Audrey Keysers raconte sa longue lutte pour avoir un bébé. Après shoots d’hormones, PMA (procréation médicalement assistée), FIV (fécondation in vitro) et don d’ovocytes, cette quadragénaire a fini par accoucher de Rose. Comme un couple sur six en France, son compagnon et elle ont été confrontés à l’infertilité. Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours de PMA ? A 36 ans, je me sentais jeune et fertile. J’ai été très surprise par l’approche sans ménagement du médecin, qui m’a déclarée totalement infertile… et qui nous a conseillé l’adoption. Si l’adoption était facile en France, ça se saurait ! Finalement, nous nous sommes tournés vers un hôpital public à Bruxelles. J’ai été impressionnée par les médecins disponibles, à l’écoute et délicats. C’est précieux dans des moments de souffrance. L’autre différence, c’est qu’il y a obligation de voir un psychologue. Cela m’a libérée, déculpabilisée. Après l’échec d’une FIV, nous nous sommes inscrits sur la liste d’attente pour un don d’ovocytes. En France, on risquait d’attendre entre trois et quatre ans, en Belgique entre six mois et un an. La différence est énorme, surtout quand vous approchez des 40ans. J’ai eu accès plus rapidement à un don d’ovocytes dans une clinique en Espagne et je suis tombée enceinte tout de suite. Comment faciliter le don d’ovocytes ? Il faut sensibiliser le grand public via des campagnes d’envergure. Et créer une journée de la fertilité. Cela permettrait de passer un message positif et d’informer les femmes sur la baisse de la fertilité à partir d’un certain âge. Il faut aussi valoriser les donneuses. Ce n’est pas comme donner son sang, ça prend du temps, ça fatigue. J’ai conscience des effets secondaires, étant donné que je les ai vécus ! On pourrait accompagner ce don, gratuit, d’une reconnaissance institutionnelle par des jours de congé en plus, un allégement fiscal… Mais surtout, c’est choquant qu’en France, les femmes doivent demander l’autorisation de leur conjoint pour donner leurs ovocytes. Votre message aux couples qui traversent cette épreuve ? Poursuivre les traitements et rester positif. Le psychologique est très important dans une PMA. Ne pas hésiter à changer de médecin, si on a l’impression de ne pas être entendu. Et envisager le don d’ovocytes avec sérénité.

Propos recueillis par Oihana Gabriel - 20 MINUTES

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La presse

Difficile don d’ovocytes

Le bouddhisme, comme toutes les autres religions, compte son lot d'usurpateurs. Et comme dans les autres religions, le scandale vient tout autant des abus eux-mêmes que de l'impunité dont ils font l'objet.

VIOLENCES, ABUS SEXUELS •••
LE BOUDDHISME : JUSTE UNE RELIGION COMME LES AUTRES
Huit des plus proches étudiants du lama tibétain Sogyal Rinpoché dénoncent ses "abus physiques, émotionnels et sexuels", ainsi que son mode de vie "extravagant, avide et sybarite". Un document qui confirme l'emprise tyrannique d'un guide spirituel qui agit en toute impunité.

Sogyal Rinpoché prétend vouloir « amener les enseignements du bouddhisme aux Occidentaux». Mais conduit surtout beaucoup d'entre eux à la dépression nerveuse. Mondialement connu grâce à son Livre tibétain de la vie et de la mort, ce lama de 70 ans est maître du centre de retraites Lerab Ling, situé dans l'Hérault, à une heure de route de Montpellier. En 2008, le lieu avait été inauguré en grande pompe en présence du dalaï-lama, mais aussi de Carla Bruni-Sarkozy, Alain Juppé ou encore Bernard Kouchner. Tout ce beau monde connaissait-il les étranges méthodes employées par le tibétain pour que ses disciples accèdent à l'éveil ? En 2011, Marianne révélait en effet que le maître aime s'entourer de jeunes et jolies femmes dont il abuse sexuellement, qui dorment au pied de son lit et sont frappées lorsqu'elles n'obéissent pas à ses ordres. Le lama avait alors embauché une agence de communication de crise pour passer la tempête. 2016, nouveau coup de tonnerre : l'anthropologue Marion Dapsance publiait un livre enquête accablant sur Sogyal Rinpoché, et le directeur de Rigpa France, Olivier Raurich, quittait l'organisation. Confirmant dans les colonnes de Marianne toutes les informations publiées cinq ans plus tôt par notre journal, celui qui était aussi le traducteur personnel du gourou ajoutait des détails sur son mode de vie fastueux, à rebours de ce qu'il professe pour les autres. Mais le tyran n'avait toujours pas été inquiété. Aujourd'hui, ce sont des étudiants, moines et nonnes bouddhistes pour certains d'entre eux, qui ont décidé de sortir du silence. Le 14 juillet dernier, huit de ses plus proches disciples ont adressé une lettre à Sogyal Rinpoché lui même, ainsi qu’à 1500 étudiants de la congrégation Rigpa. Sur 10 pages, ils détaillent froidement des conduites dont ils ont eu eux-mêmes une «expérience personnelle directe». Des coups ayant causé « des blessures sanglantes et des cicatrices permanentes » pour « un repas pas assez chaud» ou une connexion Internet trop lente. La menace de graves périls, comme la mort d'un proche, en cas de désobéissance. Une disponibilité jour et nuit s’apparentant à de l'esclavage et, bien sûr, du harcèlement sexuel. «On nous a intimé de nous dénuder, de nous montrer nos parties génitales (hommes et femmes), de vous faire une fellation, de nous faire manipuler sexuellement, de vous donner des photos de nos parties génitales, de faire l'amour avec notre partenaire dans votre lit, et de vous décrire nos relations sexuelles avec notre partenaire. Vous avez donné l'ordre à vos étudiants de photographier vos assistants et vos maîtresses nues, et forcé d'autres étudiants à en faire à votre intention des collages pornographiques que vous avez montré à d'autres », égrènent les signataires. Comme Olivier Raurich, les disciples insistent aussi sur le train de vie fastueux du gourou, rappelant qu'« une grande partie de l 'argent utilisé pour satisfaire [ses] appétits pour le luxe vient des dons de [ses] étudiants ». «En tant que vos assistants, chauffeurs et organisateurs, la majeure partie de notre temps et de notre énergie est utilisée pour vous fournir une source constante de plaisirs sensuels. Vous exigez que toutes sortes de nourritures vous soient préparées, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, par vos cuisiniers personnels et leurs assistants (payés par Rigpa), qui voyagent dans le monde entier avec vous. Vous exigez toutes sortes de distractions, dont par exemple: un guide TV détaillé des programmes des shows télévisés que vous regardez souvent pendant des heures à la fin de chaque journée; des listes élaborées de films afin que vous sachiez exactement ce qui se joue dans les cinémas alentour à n'importe quel moment; des plats continuellement à votre disposition provenant de restaurants take-away; des conducteurs et des masseuses disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour vous servir, vous emmener, vous et votre entourage, au cinéma, dans des restaurants coûteux, des centres commerciaux et des lieux particuliers où vous pouvez fumer vos coûteux cigares. »
CONDUITES ABUSIVES
Ainsi donc le bouddhisme, comme toutes les autres religions, compte son lot d'usurpateurs. Et comme dans les autres religions, le scandale vient tout autant des abus eux-mêmes que de l'impunité dont ils font l'objet. Car, malgré la gravité de ce qu'ils dénoncent, aucun des signataires n'a porté plainte ... Ils étaient même plutôt réticents à l'idée que la missive fasse l'objet d’articles dans la presse. En off, l'un d'entre eux nous explique qu'« il ne veut surtout pas nuire au bouddhisme tibétain dans son ensemble», mais qu'il espère que ceux qui le souhaitent soient« encouragés » par cette lettre à poursuivre Sogyal Rinpoché en justice. Une Américaine, Janice Doe, avait bien tenté de le faire... en 1994 : l'affaire s'est conclue par une transaction financière. «Il y a du syndrome de Stockholm là-dedans», analyse Olivier Raurich, contacté par Marianne. Depuis une semaine, l'ex-traducteur du maître organise des groupes de soutien psychologique pour les dizaines de disciples désemparés. « C'est difficile de se rendre compte quand on est extérieur à tout ça, mais ces gens ont dévoué toute leur vie à Rigpa, l'emprise est très forte... C'est très dur. » D'autant plus dur que les plus hautes instances du bouddhisme tibétain n'ont jamais publiquement désavoué SogyalRinpoché, dont ils connaissent pourtant parfaitement les agissements. En 1993, le dalaï-lama a incité les élèves à dénoncer « les maîtres bouddhistes qui abusent du sexe, du pouvoir, de l'alcool ou de la drogue», mais sans jamais citer quiconque nominalement. Joint par Marianne, le représentant du dalaï-lama en France, Tashi Phuntsok, a préféré nous raccrocher au nez. Matthieu Ricard, le traducteur français de sa Sainteté, n'a, quant à lui, jamais répondu à nos sollicitations. Habitué des têtes de gondole en librairie, coauteur de Trois amis en quête de sagesse, le plus fameux des moines bouddhistes français a pourtant lui aussi grandement contribué à asseoir l’autorité du gourou fantoche en inaugurant son temple dans l'Hérault. Selon les interlocuteurs à qui nous nous sommes adressés, Matthieu Ricard était, au choix, «au fond du Népal, sans accès à Internet» ou «prévenu » de notre requête, mais «à la veille d'un voyage au Tibet». Où qu'il soit, le prophète de la bienveillance ne semble guère pressé de se ranger du côté des victimes de Sogyal Rinpoché. Il est vrai que son organisation figure sur la liste des généreux donateurs de l'association de Matthieu Ricard... « Il a su se rendre indispensable en gagnant beaucoup d'argent et en donnant à tout le monde, se désole Olivier Raurich. Et ce qu'ils craignent aussi, c'est que les langues ne se délient, et que d'autres ne tombent à leur tour pour les mêmes conduites abusives. » Devant le scandale qui menace, Sogyal Rinpoché annonce son intention de « commencer une retraite au plus vite». «Je sens que c'est le bon moment pour le faire», a déclaré le maître de Lerab Ling dans un courrier à ses ouailles. A moins que la justice ne se décide enfin à ouvrir une enquête.

Par Élodie Emery - MARIANNE

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La presse

L’emprise tyrannique de Sogyal

T. Lepeltier prend à revers les déclarations d’une demi-douzaine d’intellectuels et de journalistes pour en dénoncer les incohérences.

Dans ce cinglant essai, Thomas Lepeltier, collaborateur régulier de Sciences Humaines, plonge – pour ainsi dire – le couteau dans la plaie. Comment peut-on prétendre défendre la cause des animaux et ne pas être, comme lui, végétarien militant ? Pour le montrer de la manière la plus imparable qui soit, T. Lepeltier prend à revers les déclarations d’une demi-douzaine d’intellectuels et de journalistes pour en dénoncer les incohérences. En effet, si la plupart d’entre eux critiquent avec véhémence les aspects les plus cruels de l’élevage et de l’abattage industriels, tous avancent aussi de « bonnes raisons » de ne pas rejeter le carnivorisme : supériorité morale de l’être humain, consentement de l’animal, reconnaissance de la cruauté inhérente à la nature, préservation d’une tradition immémoriale, excellence de la viande, etc. Ils se trouvent donc disposés à accorder à l’animal le droit de ne pas souffrir, mais aussi à lui refuser celui de ne pas être mis à mort pour être mangé. T. Lepeltier ne manque pas d’épithètes pour qualifier ces inconfortables postures : absurdes, délirantes, inconsistantes, bavardes, etc. On lui accordera qu’il n’est pas très logique de condamner le maître qui abat son chien pour partir en vacances et, dans le même temps, d’approuver le fait que, chaque jour, des milliers de vaches, cochons, agneaux et poulets soient exécutés. L’argument des antispécistes est strictement éthique : les animaux qui manifestent de l’intérêt pour la vie ont le droit de ne pas être sacrifiés à des intérêts de moindre importance, en l’occurrence ceux des humains, qui n’ont pas vraiment besoin de viande animale pour vivre mais en tirent seulement un plaisir gustatif. La pureté de cette maxime n’offre qu’une issue aux personnes sensibles à la cause animale : le végétalisme intégral. Si tout le monde s’y met, plus de marché, plus d’abattoirs, plus d’élevage. Mais l’unanimité n’est pas facile à atteindre. L’objectif ultime entrevu par T. Lepeltier est politique : déclarer, à terme, l’abattage illégal, ce qui ne relève plus de la morale, mais de la loi. C’est une autre affaire, qui ne garantit pas la fin du calvaire : il y a des pratiques superflues, comme fumer du cannabis, qui posent d’autant plus de problèmes qu’elles sont illégales. La simplicité des règles privées ne permet pas d’en anticiper les conséquences publiques. C’est ce que l’on peut reprocher à l’antispécisme politique.

Nicolas Journet - SCIENCES HUMAINES

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La presse

Souffrance animale : Complaisance intellectuelle ?

Depuis le spectaculaire geste du président Jacques Chirac menaçant de mettre son veto à une résolution des Nations unies soutenant l’agression américaine contre l’Irak en 2003, la diplomatie française a effectué un grand virage sur l’aile. On remarque notamment l’affirmation de l’appartenance au monde « occidental » dirigé par les États-Unis en lieu et place de la recherche d’une trajectoire nationale, la pénétration de préoccupations morales, le rapprochement avec Israël au détriment d’un soutien efficace de la cause palestinienne.

Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un tournant néoconservateur mettant en péril les intérêts hexagonaux mais aussi, dans certains cas, la paix elle-même. C’est le diagnostic de l’ancien ambassadeur de France en Russie Jean de Gliniasty, qui s’alarme d’un « nouvel esprit de croisade » s’opposant « à une vision raisonnée des rapports de forces internationaux, des buts que nous devons poursuivre et des moyens pour y parvenir » (1). Ainsi, en se limitant à la dénonciation, certes vertueuse mais stérile, des crimes commis par le gouvernement syrien, Paris s’est non seulement isolé (fermeture de l’ambassade à Damas) et privé de précieux renseignements de terrain, mais a retardé la fin du conflit. « Aujourd’hui, seule une approche réaliste peut sauver la Syrie du sort atroce qu’elle éprouve quotidiennement et dans lequel les idéologues néoconservateurs, par leur refus de prendre en compte le régime de Bachar Al-Assad au vu de sa nature dictatoriale, ont leur part de responsabilité », écrit Renaud Girard (2), chroniqueur au Figaro.

La liste des impasses de la diplomatie morale, incarnée notamment par les ministres des affaires étrangères Bernard Kouchner et Laurent Fabius, s’allonge : l’intransigeance vis-à-vis de Téhéran a marginalisé la France dans les négociations sur le nucléaire iranien ; la condamnation du régime de M. Vladimir Poutine a laissé l’Allemagne aux commandes de la diplomatie européenne. Pour Girard, ces erreurs conduisent à l’« effacement » progressif de la France sur la scène internationale : le petit nombre de journalistes assistant à la conférence de presse du président François Hollande au G20 de Hangzhou, en 2016, tandis que M. Poutine faisait salle comble en fut l’illustration pathétique.

Si le fiasco de la guerre en Libye (2011) concentre le feu des critiques sur le président Nicolas Sarkozy, auquel est attribuée la responsabilité de la dérive de la diplomatie française, le virage a en réalité débuté sous son prédécesseur. Le politiste Pascal Boniface décrit ainsi comment, après la déclaration historique de 2003, M. Chirac s’est employé à « se faire pardonner les “excès” (3) » de sa politique étrangère. La décennie 2000 correspond en outre à l’arrivée d’une nouvelle génération de diplomates, qui veulent mettre un terme à la tradition « gaullo-mitterrandienne » d’indépendance nationale. Pourtant, souligne Boniface, évoquer un suivisme de Paris vis-à-vis de Washington fait oublier que, sous l’administration Obama, c’est la France qui s’est placée à l’avant-garde des va-t-en-guerre.

La présidence de M. Hollande a confirmé l’absence de vision géopolitique d’un pays qui s’en remet, par ailleurs, de plus en plus à une hypothétique coordination européenne. Girard, Boniface et Gliniasty démontrent pourtant que, loin d’avoir sonné le glas d’une voie autonome, la fin de la guerre froide ouvre le jeu des alliances, en Asie, au Proche-Orient, voire en Afrique, et relance la réflexion sur les priorités nationales (environnement, terrorisme, etc.). Mais il faudrait commencer par augmenter le budget du Quai d’Orsay, qui stagne depuis des années, comme le souligne Christian Lequesne dans une enquête au long cours (4). Pour le politiste, c’est le métier même de diplomate qui doit s’adapter à la multiplicité des acteurs internationaux (associations, experts gouvernementaux, médias, etc.). Si Lequesne n’épargne pas le théâtre parfois futile où jouent les diplomates, il souligne aussi leur savoir-faire inégalé : l’art de la négociation, parfois au service de l’intérêt général.

Anne-Cécile Robert

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Déclin de la diplomatie française

Et contre l’angoisse, docteur ? Contre l’angoisse, écoutez et rêvez. C’est en substance la réponse de Max Dorra dans un nouvel essai, Angoisse. Le double secret. L’homme est un professeur, un clinicien qui se dit versé dans la « médecine d’écoute ». Tout est personnel dans ce livre – comme dans les précédents –, le ton, le contenu, les schémas qui ponctuent la réflexion. Membre du comité de rédaction de Chimères, la revue fondée par Gilles Deleuze et Felix Guattari, Max Dorra convoque Freud mais aussi Proust, Spinoza et Eisenstein.

Elle nous est précieuse plus qu’elle n’est odieuse.

L’angoisse, alors ? Elle s’agrippe, elle maltraite, elle transperce, mais elle est aussi parfaitement banale, attestant la « force d’exister », courageux combat contre la « stase désespérée de la déprime ». Elle nous est précieuse plus qu’elle n’est odieuse. De cette première partie qui diagnostique on retient l’idée centrale que la source de cette pesante étreinte se trouve dans un « enchevêtrement retors » : « La crainte d’être rejeté si nous n’acceptons pas le rôle qu’un groupe nous destine. Et, dans le même temps, la perte de notre regard, l’insupportable resserrement des possibles que cette soumission réveille. » L’angoisse jaillit quand le regard de l’autre ou son attente à notre égard nous fait revivre un événement traumatique, menaçant : « Ce que cache l’angoisse, c’est un morceau d’enfance mal oublié, du passé déguisé en futur. » Quand le jeu social nous mine, quand il nous accule, le temps est soudainement aboli et il nous désaxe.

Il faut alors parvenir à identifier le montage réducteur (et ravageur) qui nous fait vaciller et, pire, revivre sans fin ce vacillement. L’angoisse recule à la condition d’en repérer le « double...

 

 

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Max Dorra désenchevêtre l’angoisse
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