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Olivier Goujon est journaliste. Il a écrit un ouvrage sur « FEMEN, histoire d’une trahison ». Il les connait depuis le début de leur aventure. Ce qu’il révèle est éclairant sur ce qu’il faut bien appeler une « étrange manipulation ». Pourtant, les « médias » n’ont quasiment donné aucun écho à ce qu’il dévoile au prix d’une enquête minutieuse qu’il sera difficile de réfuter. C’est l’omerta de la pensée unique sur cette enquête.

C’est l’histoire de jeunes femmes ukrainiennes, qui se forment à l’école d’Engels et de Bebel, c’est-à-dire dans une conception de type « marxiste » dans une Ukraine baignée de stalinisme et de dictature. Leur aventure est dévoyée de Paris au compte des réseaux de Manuels Valls et au profit de sa politique.

Comme dans un roman interlope, les personnages que l’on croise sont souvent à vomir. Ils n’ont aucune dignité, seul le résultat compte. La morale n’y trouve pas son compte, le cynisme, oui. La Libre Pensée l’a interviewé. Olivier Goujon répond à nos questions.
La Raison : Bonjour. Pourriez-vous vous présenter ?

Olivier Goujon : C’est très pertinent de commencer par cette question parce que, justement, Inna Shevchenko et les militantes de Femen France arguent essentiellement sur les réseaux sociaux du fait que je suis un “inconnu” pour discréditer mon livre. Comme si la notoriété était un gage de sérieux… Aurais-je dû faire préfacer “Femen, histoire d’une trahison” par Cyril Hanouna?

Je suis journaliste indépendant depuis 20 ans. J’ai fait 500 reportages dans 160 pays, qui ont été publiés dans le monde entier. En France, c’est VSD qui a publié le plus grand nombre de mes sujets. J’ai travaillé aussi bien sur les derniers trappeurs du Canada que les vendeurs d’argent en Somalie, la féminité en Iran, les particularismes kurdes… Dans mes reportages je pars toujours de l’histoire incarnée, vécue, de femmes et d’hommes, pour rejoindre des enjeux de société, expliciter des conflits ou illustrer la défense de valeurs universelles. Dans cette optique, j’ai été l’un des premiers à m’intéresser à Femen, alors que le mouvement était naissant, en Ukraine en 2009.

Pour le reste, je suis né à Saint-Malo en 1962. Je suis athée, franco-italien, j’ai voté Mitterrand en 1981, Chirac en 2002, Royal en 2007, Hollande en 2012, Mélenchon puis Macron en 2017. J’aime la littérature française du XIXème s., marcher en montagne, le cinéma russe, les huîtres et le cinquecento italien. Notamment.

 

LR : Pouvez-vous expliquer ce que sont les FEMEN au début de leur existence ?

OG : Femen, c’est l’expression d’une révolte humaniste portée par trois jeunes femmes, Oxana Chachko, Anna Hutsol, Sacha Shevchenko (aucun lien de parenté avec Inna) au sortir de l’adolescence dans une petite ville de l’ouest ukrainien, Khmelnytskyi, puis à Kiev dès 2008. Le moteur de cette révolte, c’est le besoin d’égalité et le refus de la société patriarcale ukrainienne. Oxana refuse qu’on batte sa mère, Anna d’étudier la comptabilité, Sacha qu’on la marie… Elles se réunissent autour de l’étude de textes philosophiques et surtout de l’ouvrage d’August Bebel : “La femme et le socialisme”. Elles organisent quelques actions dans leurs écoles, devant un hopîtal, lors de célébrations… Très vite, elles identifient le féminisme dans leur révolte, du fait de la domination masculine de la société ukrainienne, mais c’est l’injustice, au sens large, qui les meut. Parallèlement à leur formation intellectuelle, ce qui court tout le long de l’histoire ukrainienne de Femen, c’est la fulgurance géniale des intuitions de Sacha, Oxana et Anna – surgissement, posture hiératique, inscriptions, seins nus - et leur perception aigüe des codes médiatiques. La mise au point du “sextrémisime” est le fruit de cette genèse.

 

LR: Le “sextrémisme” ?

OG : C’est un concept complexe, bien loin de l’idée simpliste dans laquelle on l’enferme souvent et qui consisterait à “faire de la politique à poil”. Le sextrémisime, c’est la conjugaison réfléchie de la radicalité politique et de la sexualité. La radicalité indique qu’on reste dans le champ du débat social pacifique et non du terrorisme, et la sexualité renvoie au rapport au mâle, quand la nudité renverrait, elle, simplement à l’hygiène ou à l’archaïsme. Elles reconstruisent un sujet féminin, émietté par des siècles de domination, qui brandit face au patriarcat, l’objet de son désir et lui disent: “cet objet m’appartient et me constitue comme sujet”. C’est un message d’une puissance symbolique déstabilisante. Les seins deviennent anti-séducteurs. Les codes domestiques et sociaux sont bousculés. Et ce message est d’autant plus fort que les filles correspondent généralement aux canons de la beauté et de l’attraction sexuelle en occident. Sacha résume le malaise créé d’une formule lapidaire: “Barbie can speak” (Barbie peut parler).

Inna, elle, ne comprend rien au sextrémisime, elle le considère comme un moyen efficace d’accès aux médias, ce qu’il est aussi (surtout au début), mais c’est bien réducteur de ne voir dans les actions topless qu’une manière d’attirer l’attention. Il s’agit d’une recomposition ontologique qui va provoquer, à chaque fois, une réaction de violence physque bien supérieure à son encontre.

J’ajoute que leur courage est inouï. En France, elles seront confrontées à une police républicaine. En Ukraine, elles jaillissent à moitié nues au milieu d’hommes surarmés et surentraînés qui les arrêtent, les menacent, les violentent… et elles recommencent! Très vite, le mouvement prend de l’ampleur. La jeunesse est séduite.

 

LR: Le mouvement aurait-il pu naître ailleurs qu’en Ukraine?

OG: Il y a tant d’exemples de sociétés masculinistes ou simplement injustes! Mais au-delà de la caricature patriarcale du monde ukrainien et de sa déflagrante  confrontation à la société marchande occidentale des années 2000, qui constituent le liquide amniotique du mouvement, il y a aussi dans la survenue Femen un souffle romantique slave. Ces trois femmes incarnent jusqu’au sacrifice ultime – la mort les menace très vite – la dérision de Gogol, la violence de Dostoievski et la passion de Tolstoi.

 

LR : Comment ont-elles pu être dépossédées de leur combat ?

OG : C’est l’arrivée en France d’Inna qui change la donne pour toujours. Inna arrive à Paris le 21 août 2012. Elle a, dit-elle, fui dans l’urgence, des hommes armés qui forçaient la porte de son appartement. Elle choisit la France car le mouvement y possède déjà une branche, fondée par Safia Lebdi quelques mois auparavant.

Le récit de son “évasion” est invérifiable, plein d’incohérences, et se heurte frontalement aux témoignages de ses ex-compagnes de révolte. Je le démonte point par point dans le livre en refaisant son parcours. Mais ce récit est bien vite porté par ses nouvelles amies françaises, à commencer par Caroline Fourest, qui multiplie les interventions médiatiques et écrit un livre plein d’approximations, d’oublis et de contre-vérités pour expliquer l’arrivée d’Inna et justifier que les autres restent en Ukraine. Elle prétend par exemple qu’Inna “devait” s’échapper, car elle était poursuivie pour avoir tronçonné une croix chétienne.

Elle oublie de dire que les 3 autres tirent sur les haubans pour abattre la croix. Au regard de la loi ukrainienne, les 4 sont également coupables et rien ne justifie l’accueil d’Inna plutôt que celui des autres. La diplomatie française était d’ailleurs d’accord pour accueillir les 4. Je renvoie au livre pour comprendre comment Caroline Fourest explique à Sacha et Oxana qu’elles ne pourront pas être accueillies alors que la France regarderait d’un bon oeil l’arrivée d’Inna. Sacha et Oxana vont rentrer en Ukraine et continuer de se battre dans des conditions terrifiantes. Elles seront enlevées par les services secrets, battues, accusées de terrorisme tout en continuant de financer – c’est hallucinant de cynisme - la vie quotidienne d’Inna à Paris en vendant des objets dérivés Femen. Au bout d’un an, à la fin de l’été 2013, Sacha et Oxana se réfugient elles aussi en France, exténuées, pauvres, amaigries, Oxana s’est cassé les deux poignets en fuyant… Elles ignorent que le plus dur commence.

 

LR : C’est-à-dire ?

OG : Inna Shevchenko, la leader actuelle, et Caroline Fourest, vont instrumentaliser Femen France contre Sacha et Oxana. La raison est la même qui présidait au refus de les voir rester en 2012: Inna veut être seule à la tête de Femen, c’est pour cela qu’elle a organisé son “évasion” l’année précédente. Caroline Fourest, elle, veut utiliser Femen à son profit politique, or cet objectif sera beaucoup plus difficile à atteindre si le mouvement est dirigé en France par Sacha et Oxana, qui sont bien plus légitimes qu’Inna. Caroline Fourest s’inventera un prétexte romantique en prétendant être tombée amoureuse d’Inna. Je ne sonde pas les coeurs et les reins, mais je dis que c’est un prétexte. J’explique pourquoi dans le livre.

De son côté, Anna décide de rentrer dans le rang en Ukraine. Elle travaille aujourd’hui dans… la communication politique. C’est une défaite de plus pour le mouvement.

 

LR: Qui est Inna? D’où vient-elle?

OG : Inna arrive, de Kherson, en Crimée. Elle est recrutée à Kiev par Sacha et devient vraiment opérationnelle fin 2010 – plus de 4 ans après la création par les 3 autres de la Nouvelle Ethique, ancêtre de Femen. Elle n’a pas de formation intellectuelle, mais c’est une meneuse qui n’accepte pas l’organisation horizontale de Femen où toutes les décisions se prennent en commun et où les militantes historiques partagent tout, les coups, beaucoup, et les sous, peu.

Sacha dit aujourd’hui qu’elles savaient toutes qu’Inna était là par opportunisme, mais elles pensaient que ce serait bon pour Femen parce qu’Inna est active courageuse et bonne avec les médias… L’erreur de Sacha et d’Oxana, mais c’est difficile de la leur reprocher au regard des conditions dramatiques de leur exil, c’est d’avoir refusé de voir qu’Inna leur volait le mouvement, ou plutôt de l’avoir vu trop tard.

 

LR : On ne retient dans l’action des FEMEN aujourd’hui que des provocations à but médiatique, mais quels étaient les objectifs des FEMEN avant qu’elles ne soient trahies ?

OG : Comme je l’ai dit, le premier combat politique de Femen c’est l’égalité homme-femme à travers la lutte contre l’exploitation sexuelle. Il faut comprendre ce qu’est l’Ukraine au début des années 2000. Depuis la chute du mur de Berlin, les frontières tombent, les droits de douane disparaissent, le pays s’ouvre à l’économie de marché, une oligarchie économique se greffe sur l’ancienne société communiste et une classe politique corrompue, un mélange détonnant dont les conséquences se paient encore aujourd’hui. Le développement du tourisme sexuel, le délitement social et l’exploitation du corps des femmes seront les premiers combats d’Anna, Sacha et Oxana, et des militantes qui les rejoignent. Il y a des actions médiatiques. C’est même un enjeu fort pour un mouvement qui veut grossir. Mais il y a aussi un travail de fond. Les filles organisent des “safaris du sexe” au cours desquels elles descendent dans les quartiers chauds de Kiev, interpellent les clients des prostituées, interrompent des prestations dans des bordels, informent les prostitués sur leurs droits…
En France, le mouvement se focalisera sur les actions à forte plus-value médiatique. Inna organisera même des séances photos bidons où l’on voit des filles s’entraîner à la lutte et au surgissement. Jamais cela n’avait lieu en Ukraine alors même que les conditions étaient généralement bien plus dangereuses.

 

LR: Les médias ont-ils une responsabilité dans la “trahison” que vous évoquez?

OG: Enorme. Les réseaux de Caroline Fourest, mis au service d’Inna Shevchenko, vont être d’une efficacité redoutable. Je donne de nombreux exemples dans le livre: l’affaire du timbre Marianne, le faux attentat incendiaire du Lavoir Moderne,  l’attaque du théâtre... Toutes manipulations au service du pouvoir d’Inna! Aujourd’hui encore je lis souvent qu’Inna est l’une des fondatrices de Femen ! L’accumulation de ces manquements et de ces arrangements a été suffisamment dérisoire pour que la machine médiatique s’en accommode, mais suffisamment lourde pour réduire définitivement Sacha et Oxana et porter Inna.

 

LR : Dans votre ouvrage, on rencontre des personnalités médiatiques bien connues et qui se présentent comme des « laïques » dont l’unique préoccupation est d’attaquer les musulmans, ce qui n’a rien à voir avec le combat d’origine des fondatrices de FEMEN. Au  compte de qui et de quoi agissent ceux qui manipulent ?

OG : C’est exagéré de prétendre qu’on manipule Femen aujourd’hui. Le mouvement ne présente plus le même attrait. Mais sa surface médiatique incite encore des associations à imaginer “profiter” de son aura médiatique. C’est le sens par exemple de l’invitation d’Inna à discourir lors de la journée “Toujours Charlie” organisée par des associations proches de Manuel Valls. Pour autant, je n’affirme pas que l’unique préoccupation de Manuel Valls ou Caroline Fourest, si c’est à eux que vous faites allusion, soit d’attaquer les musulmans.

Dès l’origine, Femen s’en prend aux religions en tant qu’instrument d’oppression des femmes. A toutes les religions sans exception et de la même manière. Inna est ambivalente sur le sujet. Je fais état, dans le livre, de plusieurs témoignages qui accréditent à son encontre la qualification d’homophobie et même de racisme (je renvoie au chapitre sur la création de Femen France, Inna refuse, selon Safia Lebdi, de porter le combat pour le mariage pour tous, puis s’insurge qu’on la loge dans la XVIIIème arrdt de Paris, “une zone dangereuse à majorité d’arabes”). Pour autant, elle est aussi à l’origine de l’action de Notre-Dame qui fera perdre du crédit aux Femen dans l’opinion publique française et qui provoquera la colère de Caroline Fourest, opposée à cette action, et de Manuel Valls.

Par ailleurs, il y a, oui, de la connivence, et comment ! Le livre de Caroline Fourest en fait même état impunément : embarquée par la police dans une manif, c’est Valls, ministre de l’Intérieur qui s’inquiète de sa situation ! Plus loin elle se vante de sa relation privilégiée avec la Présidence, puis de ses contacts avec le ministère pour qu’Inna obtienne ses papiers (et de fait Inna obtient le statut de réfugié politique en 49 jours, record battu ! Les autres mettront 400 jours !)

Ce qu’il faut comprendre, au-delà du refus des religions comme instrument de domination des femmes, et évidemment de l’imposition du voile aux femmes par exemple, c’est que Femen, le Femen de Sacha et Oxana, était un mouvement intersectionnel qui combattrait aujourd’hui l’Islam pour ce qu’il opprime la femme mais qui soutiendrait les musulmans pour ce qu’ils sont des victimes souvent impuissantes de l’intégrisme et des attaques racistes. Jamais le Femen de Sacha et Oxana ne ferait l’amalgame entre les musulmans, l’Islam et l’islamisme… Inna, elle, mélange tout, comme Manuel Valls.

Safia Lebdi, fondatrice de Femen France et de Ni Putes Ni Soumises, écartée elle aussi par Inna et Caroline Fourest fin 2012, rêvait d’une jonction entre féminisme arabe et Femen. Inna avait des objectifs plus personnels et moins convergents.

 

LR : Récemment, Inna Shevchenko s’est vu décerner un prix de la « laïcité », qu’en pensez-vous ?

OG : C’est une mascarade honteuse pour ses promoteurs et insultante pour le peuple français. La laïcité, de Condorcet à  Pena-Ruiz, répond à des critères précis – égalité des droits, liberté des cultes, neutralité de l’Etat et mission universelle – auxquels Inna Shevchenko ne fait jamais référence, pas plus que Valls ou Caroline Fourest d’ailleurs. Inna se contente de brailler du haut d’une chaire médiatique des diatribes clivantes et accusatrices et on appelle cela du courage. C’est révoltant. Le courage, ce sont des milliers d’enseignants et d’éducateurs qui transmettent chaque jour les valeurs de la République Française à des élèves en construction civique.

 

LR : Voulez-vous rajouter quelque chose ?

OG : Sacha Shevchenko et Oxana Chachko ont vécu, dans la confiscation par Inna Shevchenko et Caroline Fourest du mouvement qu’elles avaient fondé, puis dans son égarement idéologique, une dépossession de l’être. On ne leur a pas pris ce qu’elles avaient, mais ce qu’elles étaient. La dépression qu’elles en ont conçu les a presque tuées. Parler a été pour elles le premier pas d’une reconstruction en même temps que l’expression chronique d’une douleur infinie. Je les remercie et je suis convaincu que l’histoire du féminisme leur rendra justice.

 

Christian Eyschen, La Libre Pensée

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La presse

Histoire d’une trahison

« Antisémite », le nouveau livre de Pascal Boniface est sorti en librairie le 11 janvier, aux éditions Max Milo. Le Courrier de l’atlas avait été le premier média à écrire un article à ce sujet. Un mois après, nous avons à nouveau rencontré Pascal Boniface. 

Quel bilan vous tirez un mois après la sortie de votre livre ?

Je suis content d’avoir écrit ce livre, d’avoir livré ma version de cette histoire qui, par ailleurs, n’a pas été factuellement contestée par personne. Cela montre que j’ai écrit la véritable histoire et non les fake news qui circulaient sur moi et la déformaient à dessein.

Beaucoup de gens n’en avaient que des brides quand d’autres l’ignoraient complètement. De nombreuses personnes m’ont signalé leur émoi et leur stupéfaction devant une telle campagne, intense, violente et longue. En même temps, je ne m’attendais pas à ce que ces attaques s’arrêtent après la publication de l’ouvrage. En France, une peine incompressible ne peut s’étaler au-delà de 22 ans ! Je suis condamné jusqu’à mon dernier souffle, et apparemment au-delà puisque quelqu’un comme Frédéric Encel (NDLR: professeur en sciences politiques connu pour ses positions pro-israéliennes) s’est même cru permis, en toute impunité, de s’attaquer à l’un de mes fils, comme je le raconte dans le livre. Au moins personne de bonne foi ne peut ignorer ce qui s’est passé. C’est le plus important.

Êtes- vous satisfait de la couverture médiatique ?

C’est mitigé. Quelques médias ont fait leur boulot : Politis, l’humanité, CNews avec Sonia Mabrouk qui a ensuite proposé un débat à Manuel Valls (que celui-ci a bien sûr refusé), 20 minutes, et également une bonne surprise chez Zemmour et Naulleau, où le débat avec le premier fut vif, mais correct. Eric Zemmour est un adversaire loyal, qui supporte la contradiction et accepte d’inviter des personnes aux idées opposées aux siennes et (tout comme Éric Naulleau) a fait l’effort de lire l’ouvrage. Ce n’est pas si fréquent. Sinon, aucune matinale de radio, aucun quotidien, ni aucun hebdomadaire n’en a parlé.

Comment l’expliquez-vous ?

Il y a ceux qui me sont simplement hostiles. Ils abhorrent les idées que je défends, et ne m’ont jamais invité, que je parle Proche-Orient, football ou Léo Ferré (je ferai un livre de recettes végétariennes, ce serait pareil). Il y a surtout l’autocensure, la peur de se mouiller, d’être exposé en s’exposant à mes côtés. Le sujet est explosif, donc il est plus facile de ne pas s’en approcher (ce qui le rend paradoxalement encore plus explosif ! ). Cette censure et cette autocensure alimentent le complotisme, souvent dénoncé, par ailleurs, par les mêmes...

Depuis près de 17 ans, vous êtes victime d’un chantage à l’antisémitisme basé sur rien du tout puisque vous n’avez jamais tenu des propos allant dans ce sens, aucune plainte n’a été déposée contre vous. La sortie de ce livre a-t-elle permis d’assagir la situation ou au contraire l’a-t-elle envenimée ?

En effet, aucune plainte n’a été déposée contre moi et si j’avais tenu depuis 17 ans le moindre propos antisémite, écrit dans un ouvrage ou prononcé lors d’une conférence ou quelconque intervention, j’aurais immédiatement été déféré devant la justice, ou une campagne massive aurait été portée contre moi. Quand on voit la facilité avec laquelle on fouille dans des tweets écrits il y a longtemps pour mettre quelqu’un à l’index, nul n’a trouvé la moindre accroche contre moi.

Recevez-vous plus de menaces depuis la sortie de ce livre ?

Il n’y a pas plus de menaces qu’auparavant : ce n’est pas que les choses se soient calmées, mais peut-être ces dernières sont-elles plus sournoises, indirectes ou masquées. Mais il y a aussi de bonnes surprises : quelques personnes ont rectifié leur jugement et surtout des gens qui, n’ayant pas réalisé l’ampleur des attaques, veulent manifester leur solidarité. Cela fait chaud au cœur.

Vous avez proposé de débattre avec Manuel Valls, mais celui-ci a décliné. Quels ont été les arguments avancés par l’ancien premier ministre pour refuser une telle offre ? Ses explications vous ont-elles convaincues ?

Dans un premier temps, il n’a pas dénié répondre lui-même : via Twitter, son assistante parlementaire a fait savoir que ce n’était pas moi qui allais dicter son agenda médiatique ! Mais je n’ai jamais demandé à ce qu’il m’attaque de façon aussi répétitive et injuste ! Je publie dans mon livre un mot de soutien qu’il m’avait adressé en 2003, disant qu’il était de tout cœur avec moi et qu’il partageait mes positions sur le Proche-Orient. Très franchement, écrire au ministère de la Défense et des Affaires étrangères pour demander la fin des relations avec l’IRIS (NDLR : Pascal Boniface est le directeur de ce centre de recherche) est proprement hallucinant. La même situation se déroulerait en Turquie ou en Russie, la presse française serait vent debout. M. Valls est présent dans tous les médias et personne ne l’interroge là-dessus. C’est stupéfiant. Sonia Mabrouk (NDLR : journaliste à CNews) qui, j’en ai fait l’expérience, mène des interviews assez incisives a eu le courage de lui demander pourquoi il ne voulait pas débattre avec moi : il a répondu qu’il ne voulait pas s’y « abaisser » et qu’il me trouvait « ambigu sur la question de l’antisémitisme ». Mais si je suis ambigu, il est très facile de me mettre en porte-à-faux. La vérité c’est qu’il a peur d’un débat contradictoire, parce qu’il sait très bien qu’il serait mis en difficulté.

Avec du recul, regrettez-vous d’avoir écrit cette fameuse note en 2001 qui a été le point de départ de ces quinze années de chantage à l’antisémitisme ? (NDLR :  une note à l’intention des dirigeants socialistes pour demander à ce que le PS retrouve ses valeurs de gauche en condamnant fermement le gouvernement d’extrême droite israélien de Sharon) ?

Je ne vous cache pas m’être parfois posé la question. Il est certain que ma vie aurait été plus facile, que de nombreuses portes se seraient ouvertes plutôt que fermées, et que ma carrière aurait pris une autre dimension. Mais à quoi servent les regrets ? On ne réécrit pas l’histoire. Et si, par ailleurs, cela m’a valu bien des désagréments, il y eut quand même des côtés positifs : beaucoup de gens saluent mon intégrité et mon courage. Je peux me regarder dans la glace et dire que je suis resté fidèle aux engagements adolescents qui furent les miens. Contrairement à M. Valls, je n’ai pas tourné casaque par intérêt opportuniste. De plus, le soutien de ma famille qui m’a vu faire face n’a pas de prix. Comme je le dis parfois, quand je vois la liste de mes amis et de mes ennemis, je suis aussi fier de l’une que de l’autre.

Quel retour avez-vous eu des lecteurs ou du public en séance de dédicace par exemple ?

Franchement, très agréable. Bien entendu, il s’agit plutôt d’un public de sympathisants ou curieux. Les premiers me confirment leur soutien quand les seconds me l’apportent. C’est toujours très chaleureux et humainement très réconfortant.

 

Nadir Dendoune, Le Courrier de l'Atlas

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La presse

Le bilan

Nombre d’intellectuels français ont fait, depuis une vingtaine d’années, les frais du chantage à l’antisémitisme. Mais aucun sans doute n’en a été victime aussi longtemps et aussi violemment que Pascal Boniface. D’où l’intérêt de son témoignage, sobrement intitulé "Antisémite".

Par les temps qui courent, défendre la politique israélienne n’a rien d’aisé. Plus Benyamin Netanyahou et ses alliés-rivaux, Naftali Bennett et Avigdor Lieberman notamment, se radicalisent, et plus ils s’isolent au plan international. Pour justifier la colonisation galopante, les projets d’annexion, la répression contre les Palestiniens, le blocus de Gaza, il faut des trésors de mauvaise foi.

C’est pourquoi les propagandistes – ceux de Tel-Aviv comme leurs relais à Paris – recourent plus que jamais au chantage à l’antisémitisme. Le raisonnement est simple : à défaut d’arguments favorables à l’action des dirigeants israéliens, on tente de délégitimer quiconque les critique. Toute mise en cause de la politique d’Israël est présentée comme antijuive. Et, a fortiori, tout antisioniste se voit traiter d’antisémite.

Nombre d’intellectuels français ont fait, depuis une vingtaine d’années, les frais de ce terrorisme. Mais aucun sans doute n’en a été victime aussi longtemps et aussi violemment que Pascal Boniface, depuis qu’il eut en 2001 le malheur de rédiger une note destinée à la direction du Parti socialiste, dont il était alors membre, pour critiquer la timidité de celui-ci sur le Proche-Orient.

Et pourtant, comme il l’écrit, dans une vie de recherche, « pas une ligne, pas un mot, pas une phrase ne peuvent pourtant permettre de corroborer l’accusation d’antisémitisme. Aucune plainte pour ce motif devant aucun tribunal, alors que la législation française est certainement la plus sévère au monde ».

D’où l’intérêt de son dernier livre, sobrement intitulé Antisémite [1] : c’est un témoignage vivant, dont chaque élément est daté et sourcé, sur les pressions, diffamations, insultes et manœuvres en tous genres auxquelles une poignée d’inconditionnels d’Israël se sont livré afin de le priver de tous ses moyens d’expression. Avec succès, malheureusement, s’agissant des chroniques qu’il assurait dans des journaux régionaux et qui lui ont été retirées sous la pression. Sans succès, heureusement, s’agissant de la direction de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (IRIS), dont tout a pourtant été tenté pour l’évincer.

La victoire, car c’en est une, de Pascal Boniface se teinte néanmoins d’amertume. Car, à défaut de le faire taire, ses accusateurs ont réussi à éloigner de lui nombre de ses amis juifs. Certes, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) n’encarte qu’une minorité de Juifs de France. Mais cette minorité sert d’otage au gouvernement le plus nationaliste de l’histoire d’Israël, via les dirigeants communautaires français et leurs « intellectuels organiques ».

La palme revient, comme souvent, à Manuel Valls : lui qui, en 2002, avait apporté son appui à Pascal Boniface, s’efforce encore et toujours d’obtenir que les autorités cessent toute subvention à l’IRIS. C’est sans doute pourquoi l’ancien Premier ministre se trouvait hier aux Folies Bergères : « Être Charlie, tweetait-il, c’est accepter le débat, la critique, l’esprit de contestation. »

[1] Max Milo éditeur, Paris, 18 euros.

 

France-Palestine.org

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La presse

Lire Pascal Boniface

Alors que le festival rennais Caméras rebelles met en avant les lanceurs d'alerte, l'une d'entre eux, Stéphanie Gibaud, raconte le quotidien de ceux qui sacrifient tout pour informer le public.
Témoignage

Sa ligne de téléphone vient d'être coupée. Juste après la parution de son deuxième livre. Stéphanie Gibaud ne croit plus aux coïncidences. Plus depuis ce matin de 2008, quand tout a basculé. « J'étais responsable marketing communication à UBS (banque de gestion de fortune), se remémore l'auteure. Ma supérieure hiérarchique est entrée paniquée dans mon bureau. Elle m'a dit qu'une perquisition était en cours dans le bureau du directeur général. Elle m'a donné l'ordre d'effacer des données de mon disque dur et de détruire des fichiers papiers. J'ai refusé. »

Stéphanie Gibaud découvre alors qu'UBS démarche illégalement des clients en France, pour les inciter à créer des comptes offshore en Suisse. « J'ai décidé de tirer la sonnette d'alarme en interne. » La machine s'emballe et Stéphanie met en lumière un vaste système d'évasion fiscale.

Elle devient une lanceuse d'alerte. En quittant UBS, en 2012, elle « tient à peine debout ». « Je pensais que la justice me réparerait... »

Son histoire, Stéphanie Gibaud l'a tant racontée qu'elle préfère aujourd'hui la survoler. « Mon premier livre, La femme qui en savait trop, je l'ai écrit pour mes enfants. Les paroles s'envolent, les écrits restent. »

« Je suis devenue transparente »

Presque dix ans après le début de cette affaire, Stéphanie Gibaud est sans emploi. « J'ai envoyé plus de 1 000 CV, mais je n'ai eu aucune réponse. Je suis devenue transparente. »

Alors, elle écrit. Elle vient de publier son second ouvrage : La traque des lanceurs d'alerte, préfacé par Julian Assange. Elle raconte, cette fois, l'histoire des autres. Celle de tous ces lanceurs d'alerte, passés comme elle « sous un rouleau compresseur ». En leur donnant la parole, elle bouscule et interroge : « Que sont devenues nos démocraties ? »

Voilà dix ans qu'elle est en colère. En colère d'avoir été abandonnée par « ce pays des droits de l'homme où les informations sont bien mieux protégées que les citoyens ».

Mais alors quelles solutions ? Stéphanie Gibaud ne veut pas de compassion. « Des solutions il y en a. » Et elle les présente dans son livre. « Ça commence par le bon sens. Comme faire des achats éthiques. Acheter au juste prix. Avant d'être citoyens, nous sommes acteurs. À chaque fois que l'on dépense 1 €, il faut se demander dans la poche de qui ça va. » Avec cet ouvrage, elle espère « rendre les gens responsables en éveillant les consciences ».

Enfin le vent tourne. Stéphanie le sent. La loi Sapin II entre en vigueur en janvier. Elle prévoit la protection et l'anonymat des lanceurs d'alertes : « On va pouvoir construire, avec cette loi. Elle montre l'exemple. » Elle regrette qu'elle ne soit pas rétroactive : « Les lanceurs dont je parle, ils y ont laissé leur vie. »

Et lorsqu'on lui demande si elle a des regrets, Stéphanie Gibaud soupire. « On ne peut pas vivre dans le passé. Mais je ne voulais pas être complice de ça. Jamais je n'aurais imaginé que ça prendrait cette tournure. » Avant de conclure : « Mais il y a une seule vérité et elle émerge toujours. »

La traque des lanceurs d'alerte, Max Milo Editions. 19,90 €

 

Ouest France

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La presse

Stéphanie Gibaud écrit pour les lanceurs d’alerte

Lanceurs d'alertes : comment ils ont osé sacrifier leur carrière

Harcelés, licenciés… les lanceurs d’alerte paient souvent leur choix au prix fort. A partir de janvier, un nouveau statut devrait garantir leur protection.

Depuis qu’il a expliqué, dans une vidéo, avoir déversé de l’acide dans une décharge à ciel ouvert de Moselle pour le compte d’ArcelorMittal, en juin dernier, le chauffeur intérimaire n’a pas été réembauché… Le lanceur d’alerte, qui s’est pourtant bien gardé de révéler son identité, “ne retrouve plus de boulot”. Selon lui, il est blacklisté, et toutes les portes se ferment devant lui. “J’aurais dû me taire et continuer ma vie, a-t-il fini par déclarer sur France Info. Mes enfants en ont pâti, mon couple en a pris un coup.”

De fait, s’ils sont célébrés comme des héros des temps modernes par la presse et les réseaux sociaux, les lanceurs d’alerte (whistleblowers en anglais) paient souvent très cher tout signalement d’actes illicites ou dangereux touchant à l’intérêt général. “Nous sommes devenus les parias de la société”, écrit ainsi Stéphanie Gibaud dans son dernier livre, La Traque des lanceurs d’alerte (éd. Max Milo), préfacé par Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks.
Sur écoute
Cette ex-responsable du marketing événementiel France de la banque UBS sait de quoi elle parle. Tout commence pour elle à l’été 2008, quand elle refuse de détruire un listing de clients impliqués dans une affaire de fraude fiscale. Elle est alors mise à l’écart et privée de tout rôle opérationnel. Son employeur va jusqu’à la placer sur écoute et pirater son ordinateur. Une situation de harcèlement moral confirmée en 2015 par le conseil de prud’hommes de Paris, qui a condamné UBS à lui verser 30.000 euros de dommages et intérêts.
Combat cannibale
Résultat de cette méfiance des dirigeants : en sept ans, Stéphanie Gibaud n’a pas retrouvé le moindre poste en adéquation avec sa carrière longue de vingt-six années. Elle a envoyé plus d’un millier de CV, n’a reçu aucune réponse. “Je suis présente sur LinkedIn, Twitter et Facebook. N’importe quel chasseur de têtes peut me contacter, explique-t-elle. Silence total…” Comme si elle avait été rayée de la carte. Depuis trois ans, elle survit avec 450 euros de RSA par mois, en sus de ce que lui rapporte son premier livre, La Femme qui en savait vraiment trop (éd. Le Cherche midi). Elle confie aujourd’hui avoir “fait le deuil” d’un CDI. “Je suis punie pour avoir fait connaître la vérité.”

Stéphanie Gibaud : licenciée d’UBS
2008 : responsable du marketing événementiel de la banque UBS France depuis 1999, elle dénonce des mécanismes d’évasion fiscale pour les clients français. 2012 : elle est licenciée.
Aujourd’hui : en recherche d’emploi, elle vit avec les minima sociaux.

CE QUE DIT LA LOI SAPIN 2 : UN DISPOSITIF BIEN CADRÉ
Le statut du lanceur d’alerte a été défini par la loi Sapin 2. A partir du 1er janvier 2018, les entreprises de plus de 50 salariés devront créer un dispositif interne pour recueillir les signalements de faits touchant à l’intérêt général. Chaque entité sera chargée d’établir les modalités à suivre par les lanceurs d’alerte et de désigner un référent pour recueillir les faits. Personne physique ou morale, interne ou externe à la société, celui-ci sera tenu à la confidentialité. Les entreprises devront en outre assurer une communication suffisante sur cette procédure, y compris à l’adresse des collaborateurs extérieurs et occasionnels.

Capital.fr

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La presse

Comment les lanceurs d’alerte ont sacrifié leur carrière

A peine sorti, "Antisémite", le nouveau livre de Pascal Boniface, boycotté par les médias, fait déjà un carton. "Mon dernier ouvrage devient difficile à trouver en librairie, le premier tirage - 3000 exemplaires - étant pratiquement épuisé. Une réimpression de 3000 exemplaires est en cours", confirme le fondateur de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). 

Une belle performance pour un livre sorti il y a seulement quatre petits jours, le 11 janvier dernier donc, aux éditions Max Milo et qui a été blacklisté par l'ensemble des médias traditionnels.

Si on exclut le blog personnel de Dominique Vidal et le site du Courrier de l'Atlas, aucun autre journaliste n'a pris le temps d'écrire sur cet ouvrage.

Étonnant quand on pense à la bonne couverture médiatique qu'ont obtenu les autres livres de Pascal Boniface, un intellectuel reconnu.

"Antisémite" dévoile avec intelligence et sans complotisme les rouages du "chantage à l'antisémitisme", utilisés trop souvent pour disqualifier toutes celles et tous ceux qui osent dénoncer l'occupation israélienne en Palestine.

Voilà maintenant quinze ans que Pascal Boniface subit sans relâche les foudres du lobby pro-israélien qui l'accuse sans la moindre preuve d'être un antisémite. Il a enfin décidé de tout raconter.

Et il semblerait que son livre, à défaut de susciter de l'intérêt pour les journalistes, intéresse énormément les lecteurs...

Nadir Dendoune

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La presse

Des faits, rien que des faits

Elle a 38 ans quand un banal rendez-vous chez la gynéco la propulse dans un monde jusque-là inconnu, celui du cancer du sein. Ancienne attachée de presse dans la mode, Marjorie Jacquet raconte sans pathos dans un très bel ouvrage* la perte de la féminité, de la libido et comment ce qui faisait jusque-là son quotidien - bosser à fond, enchaîner les rencontres, sortir - peut se fracasser en moins d’une journée. Elle dit la vie, aussi, et son message est si contemporain qu’il va parler à toutes. Interview.
* « Les cheveux dont je rêvais », éd. Max Milo

Marjorie Jacquet : « quand on a vécu une chimio, on est vraiment prête à prendre des risques dans la vie »

ELLE.fr. Tout d’abord, comment allez-vous ?
Marjorie Jacquet. Plus les mois passent et plus j’avance vers l’espoir d’une guérison définitive, donc je vais de mieux en mieux. La première année après le cancer est très difficile. On vit toujours dans la peur de la rechute. Je me disais aussi : "Si je ne vais plus à l’hôpital, est-ce que je ne vais pas mourir ?" Il faut comprendre que pendant le traitement, on est vraiment dans la lutte, le combat, et tout d’un coup on nous dit "voilà, merci, c’est fini, vous pouvez reprendre le cours de votre vie", et cela fait comme un grand vide quand on doit retourner au travail. Nous-même, on est complètement métamorphosée et puis les choses aussi se sont organisées sans vous au bureau. Il faut reprendre sa place et ce n’est pas évident.

ELLE.fr. Le retour au travail, on en parle trop peu souvent. Pour beaucoup de femmes qui ont eu un cancer, l’entourage professionnel perd parfois de sa bienveillance ?
Marjorie Jacquet. Pour moi, ça ne s’est pas très bien passé. Pendant trois mois, j’ai ressenti de la bienveillance mais on attend ensuite de vous que vous repreniez le rythme d’avant. Ma boss m’a ainsi reprochée de me plaindre d’être fatiguée. On est quand même très fatiguée après un an de traitement, même en reprenant à mi-temps thérapeutique, c’est difficile. Et puis, au bout de quelques mois, on va en rendez-vous à la Sécu qui nous annonce que maintenant, il faut reprendre à temps complet, que vous soyez prête ou pas prête ! C’est vrai aussi que personnellement, je ne me sentais plus à ma place, j’avais d’autres envies, d’autres attentes. Le cancer c’est horrible, certes, mais j’ai aussi découvert la liberté. J’étais employée depuis 16 ans et quand il a fallu retourner au bureau avec des horaires, des comptes à rendre, je me sentais en prison. Je n’avais plus envie d’être salariée mais de monter ma boîte. On se sent hyper puissante, quand on a vécu une chimio, on est vraiment prête à prendre des risques dans la vie.

« J’ai vraiment fait exploser ma zone de confort. »

ELLE.fr. Dans votre livre, vous vous agacez de tous ceux qui, lorsqu’ils apprennent que vous avez un cancer, vous parlent de cette injonction à « changer de vie ». Et finalement, c’est ce que vous avez fait…
Marjorie Jacquet. C’est vrai que ça m’agaçait : tout le monde me disait : « Mais après, tu verras, ce sera bien, tu vas enfin changer de vie, ça fait 16 ans que t’es dans la même boîte, etc." Mais à cette époque-là, je ne voulais pas changer de vie ! Aujourd’hui, j’ai encore quelques missions de relations presse en lifestyle, mais en free-lance. Je travaille à mon rythme, si j’ai envie de bosser la nuit, je bosse la nuit… Je n’avais plus envie qu’on décide pour moi, d’avoir une boss, je me sentais complètement étouffée. Peut-être que j’avais en moi cette envie mais le cancer a été un élément déclencheur, un révélateur. Finalement, les gens ont raison : on ne peut pas reprendre sa vie comme on l’a laissée. Aujourd’hui, je vis entre Paris et le Maroc. Je vais chiner des tapis berbères dans des endroits complètement improbables, et par exemple je vais les exposer lors d’un pop-up début octobre dans le Marais. J’aime bien l’idée d’avoir une vie un peu bohème, je n’ai plus aucun attachement à mon appartement, j’ai vraiment fait exploser ma zone de confort, j’ai redéfini un cadre de vie complètement différent, je n’ai plus peur de la précarité, je me dis que je vais toujours m’en sortir. Peut-être que c’est un peu de la folie mais c’est comme ça. J’ai 1 000 idées, 1 000 projets. J’adorerais avoir un ryad en gérance donc je cherche. J’ai beaucoup aimé écrire aussi, pourquoi pas un roman ?

ELLE.fr. On a l’impression de vous voir « grandir » au fil des pages ? Vous avez écrit ce récit au fur et à mesure du traitement ?
Marjorie Jacquet. Quand je suis tombée malade, j’avais une grande angoisse : comment je vais exploiter tout ce temps libre ? Je savais que j’allais rester un an alitée et j’étais très angoissée à l’idée de ne rien faire. Donc au début, j’ai lu, j’ai regardé des séries. Et puis, une amie m’a offert un livre de développement personnel qui s’appelle « Le pouvoir de l’intention ». L’idée ? Si on a un objectif et qu’on se dit qu’on va y arriver, on y arrive ! Je voulais me sentir utile, je pensais à mes amis qui travaillaient et je me disais je vais leur préparer à dîner, leur faire des tupperware, j’avais des idées un peu folles comme ça de cuisine ! Et puis, j’ai eu une mucite qui a été très difficile durant ma chimio : c’est une inflammation, des ulcérations dans la bouche. C’est bizarre mais j’ai donc eu l’idée d’écrire quand je ne pouvais plus ni parler ni manger. J’étais à la moitié de ma chimio quand j’ai décidé que j’allais écrire un livre et de le sortir ! J’ai choisi le titre tout de suite, la couverture aussi - j’étais fan des dessins de Delphine Cauly qui avait fait toute l’imagerie des Brigitte. J’étais assez déterminée ! J’ai raconté ce qui s’était passé les précédents mois puis j’ai écrit au fur et à mesure. Et, oui, j’ai grandi dans le sens où j’ai perdu ce côté un peu insouciant, un peu léger que je pouvais avoir. C’est une nouvelle version de moi…

« Je vous attends demain à 17h dans mon bureau. »

ELLE.fr. Racontez-nous cette annonce chez la gynéco.
Marjorie Jacquet. Je ne m’y attendais pas du tout. J’étais allée chez la gynéco trois ou quatre mois avant pour un simple examen de contrôle. J’avais demandé à reprendre la pilule, elle m’avait dit : "oui mais vous avez 38 ans, on peut faire une mammo… ou pas." Sa réaction quand elle m’a fait la palpation des seins ? "Je sens peut-être quelque chose mais je ne suis pas sûre, on n'a qu’à faire une mammo". Mais elle ne m’a pas dit d’y aller tout de suite donc je m’en suis occupée quelques mois après. Mon oncologue m’a expliqué ensuite que j’avais une tumeur non palpable. Je pense que ma gynéco a eu une intuition... Elle m’a sauvée la vie ! Nous étions alors en mai, j’ai attendu très longtemps les résultats de cette biopsie à cause des jours fériés, je n’avais pas de nouvelles et un jour, j’ai reçu un SMS : "je vous attends demain à 17h dans mon bureau". J’étais terrorisée. J’ai très mal dormi et quand je me suis réveillée, il faisait beau. C’était un vendredi, le 13 juin 2014. La date, on ne l’oublie jamais… J’ai mis des talons, une jolie robe. C’était la première fois que je la portais d’ailleurs, je ne l’ai jamais remise mais elle est toujours au fond d’un placard (rires). Quand je suis rentrée dans son bureau, la gynécologue avait un air très solennel et m’a dit d’un bloc : "j’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer, vous avez un cancer du sein". J’ai eu l’impression que ma vie m’échappait complètement. J’ai senti aussi que plus rien ne serait comme avant, j’avais basculé. Après, j’ai le souvenir qu’elle me parle en chinois, un peu comme si j’avais fait médecine ! "Carcinome canalaire infiltrant machin…" : je ne comprends rien du tout, "grade 3", je ne savais pas du tout combien il y en avait - en fait, il y en a 4 - et elle m’annonce que je vais avoir de la chimiothérapie. Evidemment, je connaissais le mot, mais je me suis rendue compte que je n’avais aucune idée de ce que c’était : des piqures ? Des médicaments ? Tout ce que je savais, c’est que ça rendait chauve. Elle m’a a alors demandé si j’avais des questions. « Est-ce que je vais perdre mes cheveux ? » C’est la première chose que je lui ai demandé.

ELLE.fr. La perte de vos cheveux, le fil conducteur de votre livre… Racontez-nous comment vos amis se sont mobilisés pour vous offrir une perruque réalisée par John Nollet, le coiffeur des stars.
Marjorie Jacquet. Je pleurais tellement à l’idée de perdre mes cheveux… Mes amis le voyaient, je n’arrêtais pas d’en parler et c’est vraiment devenu une obsession. Je passais mes nuits à lire sur Internet des témoignages de femmes qui racontaient comment elles avaient perdu leurs cheveux. J’ai regardé où j’allais pouvoir trouver une perruque et je trouvais tout affreux : que des coupes de vieilles, des perruques en synthétique… Sur Instagram, en France, on ne parle pas trop de son cancer - voire on le cache - mais aux Etats-Unis on trouve plein de photos de femmes qui sont chauves. J’ai aussi vu un reportage à la télé où une femme avait réuni ses copines chez elle et elles arrivaient toutes avec le crâne rasé ! J’avais trouvé ça incroyable et j’en avais parlé à mon amie Anne-Cha. Je ne lui demandais pas du tout de faire ça (rires) mais ça m’avait interpellée. Elle a cherché comment m’aider avec son mec Matthieu : ils étaient très amis avec Aurélie des Brigitte et c’est comme ça que s’est venu. Les Brigitte portaient une perruque à l’époque et Mathieu a demandé à Aurélie qui leur avait fait : c’était John Nollet. J’ai eu de la chance d’avoir des amis dans un milieu assez privilégié… Ils m’ont pris rendez-vous avec John Nollet et quand il m’a reçue, il m’a posé cette question : "quels sont les cheveux dont vous avez toujours rêvé ? (Le titre du livre : "Les cheveux dont je rêvais", NLDR) ? C’était tellement bizarre : quand je suis allée au rendez-vous, j’avais encore mes cheveux... J’aimais bien la perruque qu’avaient les Brigitte, je voulais quelque chose de féminin, très sexy, donc il m’a fait une perruque un peu semblable mais avec une coupe un peu plus floue, plus longue, avec une frange. J’y allais une fois par mois pour nettoyer ma perruque, et c’est toujours John Nollet qui m’a reçue, même quand il était avec des clientes sans doute plus importantes que moi ! Il a toujours pris du temps pour moi, c’est vraiment quelqu’un de bienveillant. Et c’était assez drôle pour moi de passer de l’hôpital au parc Hyatt !

ELLE.fr. Quand vous portez cette perruque, vous écrivez que vous vous sentez êtes belle et invincible ?
Marjorie Jacquet. Il faut savoir qu’avec le traitement, on n’a plus de libido, plus de cheveux, plus de cils et de sourcils non plus donc aucune expression sur le visage. On se sent redevenir une fillette : on a plus de poils nulle part. On se sent hyper vulnérable en fait, mais c’est vrai que quand je mettais ma perruque, je me maquillais, je mettais des talons puis on allait dîner. J’ai fait des photos parfois que j’envoyais à mes copines, des avant/après, c’est hallucinant ! On vit quand même dans une société où les critères esthétiques sont très sévères, et particulièrement dans le milieu où je travaillais, dans la mode. Je ne vais pas dire que ça a été plus dur pour moi que pour une autre femme, mais toute la journée je voyais des filles minces comme des allumettes avec des cheveux jusqu’en bas des reins et je pense que j’ai eu beaucoup de mal à accepter cette dégradation physique.

« A ce moment-là, on se dit : qu’est-ce qui me reste de féminin ? »

ELLE.fr. Il y autre chose dans votre livre, dont on ne parle pas assez. La chimio provoque une ménopause chimique et se pose alors la question de la congélation des ovocytes. Tout d’un coup, vous devez sérieusement y réfléchir alors qu’à ce moment-là faire un enfant, vous n’y pensiez pas ?
Marjorie Jacquet. Pas du tout ! Lors du rendez-vous chez l’oncologue, on sent qu’ils n’ont pas de temps à perdre et tout d’un coup, elle me sort : « Evidemment, vous allez être ménopausée et stérile". Et là, je fais quoi ? J’apprends alors qu’il y a un grand spécialiste, le professeur Grynberg, qui ne soigne que les femmes en chimio, car en France c’est le seul cas où on peut faire congeler ses ovocytes. Je l’ai appelé en sortant et il m’a reçu dès le lendemain. C’est vrai que je n’avais pas spécialement envie d’avoir un enfant mais j’ai pensé que, peut-être, après le cancer, je changerais d’avis, donc j’ai préféré congeler mes ovocytes plutôt que de regretter. A ce moment-là, on se dit : qu’est-ce qui me reste de féminin ? J’ai un cancer du sein, un cathéter, plus de cheveux, plus de libido, plus de désir, j’ai plus mes règles, je peux plus avoir d’enfant…

ELLE.fr. Cette féminité, vous vouliez la choyer, ne pas la lâcher, la préserver ?
Marjorie Jacquet. J’ai essayé mais malheureusement, on la perd. Et j’ai mis du temps à la retrouver. Auparavant, j’étais toujours dans la séduction, je cherchais à plaire aux garçons. Aujourd’hui, je cherche encore à me mettre en valeur mais désormais, c’est pour moi. Quand j’étais malade, je portais ma perruque chez moi, même quand j’étais toute seule. Et quand mes cheveux ont repoussé, je n’aimais pas du tout cette coupe de garçon manqué, donc je préférais mettre ma perruque ! Je suis toujours aussi féminine qu’avant, voire plus, et même peut-être un peu féministe aussi. J’ai peu de respect pour les garçons par rapport à l’attitude qu’ils ont pu avoir quand j’étais malade… et puis quand j’étais à l’hôpital, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’hommes qui s’en allaient, qui quittaient leurs femmes, leurs compagnes… Donc les femmes avaient en plus de devoir gérer un cancer devaient gérer une rupture.

« Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toutes les femmes qui sont en chimio. »

ELLE.fr. Un message à passer aux lectrices ?
Marjorie Jacquet. Le message c’est que, malheureusement, le cancer du sein concerne toutes les femmes. 1 femme sur 8, c’est un chiffre énorme donc il faut avoir ça en tête évidemment, sans vivre dans la peur ou l’angoisse, mais il faut allez chez sa gynéco, faire des mammos, surtout ne pas prendre ça à la légère ! Pour les lectrices qui sont malades, et je pense qu’il y en aura, il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toutes les femmes qui sont en chimio… Je me dis qu’avec toutes ces femmes qui doivent être comme moi, ça doit faire une énergie féminine hyper forte à envoyer à toutes celles qui sont en chimio. Et puis aussi, je leur conseille de se trouver un centre d’intérêt, de s’occuper l’esprit pour ne pas rester comme ça à attendre, sans rien faire. Je pense que si je n’avais pas écrit, je me serais étouffée avec ma colère.

ELLE.fr. Ce livre était aussi un exutoire ?
Marjorie Jacquet. Bien sûr ! Je me demandais "pourquoi moi je suis tombée malade ?", "qu’est-ce que j’ai fait de mal ?" Je ne voulais pas écrire un livre anxyogène car le cancer est déjà très anxyogène, je l’ai découvert quand je suis tombée malade : je l’entendais dans les voix, je l’ai vu dans les regards et ça m’angoissait parfois plus de voir la peur dans les yeux de mes proches que mon cancer en lui-même. Ce qui est très difficile quand on est malade c’est de voir que le monde continue à avancer, mais sans vous. J’avais l’impression d’être sur le banc de touche. Avant, je n’étais jamais toute seule, j’étais dehors tous les soirs et je n’aurais jamais eu le courage de quitter mes amis… Et quand je suis tombée malade, j’ai découvert le calme, la sérénité. Je me suis vraiment reconnectée avec moi-même.

Emilie Poyard - Elle.fr

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La presse

Les cheveux dont elle rêvait

Et contre l’angoisse, docteur ? Contre l’angoisse, écoutez et rêvez. C’est en substance la réponse de Max Dorra dans un nouvel essai, Angoisse. Le double secret. L’homme est un professeur, un clinicien qui se dit versé dans la « médecine d’écoute ». Tout est personnel dans ce livre – comme dans les précédents –, le ton, le contenu, les schémas qui ponctuent la réflexion. Membre du comité de rédaction de Chimères, la revue fondée par Gilles Deleuze et Felix Guattari, Max Dorra convoque Freud mais aussi Proust, Spinoza et Eisenstein.

Elle nous est précieuse plus qu’elle n’est odieuse.

L’angoisse, alors ? Elle s’agrippe, elle maltraite, elle transperce, mais elle est aussi parfaitement banale, attestant la « force d’exister », courageux combat contre la « stase désespérée de la déprime ». Elle nous est précieuse plus qu’elle n’est odieuse. De cette première partie qui diagnostique on retient l’idée centrale que la source de cette pesante étreinte se trouve dans un « enchevêtrement retors » : « La crainte d’être rejeté si nous n’acceptons pas le rôle qu’un groupe nous destine. Et, dans le même temps, la perte de notre regard, l’insupportable resserrement des possibles que cette soumission réveille. » L’angoisse jaillit quand le regard de l’autre ou son attente à notre égard nous fait revivre un événement traumatique, menaçant : « Ce que cache l’angoisse, c’est un morceau d’enfance mal oublié, du passé déguisé en futur. » Quand le jeu social nous mine, quand il nous accule, le temps est soudainement aboli et il nous désaxe.

Il faut alors parvenir à identifier le montage réducteur (et ravageur) qui nous fait vaciller et, pire, revivre sans fin ce vacillement. L’angoisse recule à la condition d’en repérer le « double...

 

 

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La presse

Max Dorra désenchevêtre l’angoisse
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