L'auteur
 

Ma première expérience professionnelle à Paris a été un travail alimentaire qui consistait à prendre soin d’une dame qui avait la maladie d’Alzheimer. Cet univers m’a beaucoup impressionnée. Il m’a appris sur les autres, mais aussi sur moi-même. Plus tard, lorsque j’ai décidé d’écrire cette pièce, j’ai souhaité pousser certaines situations jusqu’à l'absurde en étant confiante sur la nature humaine.
Le genre humain a certainement beaucoup d’endurance, sinon il n’aurait pas survécu.
J’ai voulu parler du désir de se construire, de se réaliser. Du poids de la culpabilité. S’être éloignée d’une vie souvent lourde d’angoisses dans un pays en crise. Abandonner sa famille, son peuple. Abandonner ses convictions et puis s’en recréer d’autres. Et, à propos de l’expression “ la vie ne peut être que meilleure ailleurs ”, faire la part des choses. Grandir, en somme. Et puis, il y a toutes ces personnes dont Samira fait partie : physiquement présentes, officiellement inexistantes. A qui l'on fait croire que leurs présences est un poids, alors, elles déchargent humblement cette société des tâches dont personne ne veut. Samira découvre aussi à travers Véronique, Pauline, Marie-Louise et Peter un univers dont elle n’avait pas conscience, celui de la solitude. La leur, mais aussi la sienne.
Tout cela ne pouvait être traité sans humour.
S’ils sont opposés, pour moi, tous ces personnages ne forment au final qu’un seul être. Un petit état d’humanité.

                                                 Nadia KACI